Le féminin l’emporte

humour & p'tit crob'art perso sur l'actualité féminine ...

03 juillet 2008

“La clause de l’Européenne la plus favorisée” de ‘Choisir’ & Gisèle Halimi

030708_1Le sujet semble touffu mais tout est fait pour la clarté, avec 5 thèmes d’appel, des rappels historiques, une analyse des évolutions :
* choisir de donner la vie,
* femmes et droit de la famille,
* lutte contre les violences faites aux femmes,
* le travail des femmes dans l’Union Européenne,
* femmes et politique.

J’ai apprécié l’aspect positif : aller vers le meilleur, que le bien des unes profite à toutes et à chacune et l’idée globale d’une Europe des peuples et non seulement des capitaux.

Le moral de tout le monde est en berne d’après les journaux et il y a de quoi. Si on continue à créer quoique ce soit, à désirer des enfants, c’est peut-être qu’on espère ? Les machos ont toujours une autre priorité que nos «questions de femmes» et pire : ils nous empêchent de nous en occuper ! Ces temps de crise sont une aubaine pour faire régresser nos droits, ce que nos aînées ont acquis de haute lutte ... 

Ce livre signe un refus de se résigner et propose un système pratique : adapter ce qui fonctionne bien pour le bénéfice du plus grand nombre.

030708_2C’est le bouquin à garder sous le coude, surtout en ce moment avec la présidence de l’Union. Et intéressant de voir comment vivent nos voisines ! ;o)

Présentation sur le site de «Choisir la cause des femmes» ici 

« La clause de l’Européenne la plus favorisée », de ‘Choisir la cause des femmes’ et Gisèle Halimi», éd. des Femmes (mai 2008), 18 euros.

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10 juin 2008

«Et pourtant, je me suis levée tôt... : Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires» de Elsa Fayner

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L’auteure est journaliste, elle s’est glissée dans la peau d’une travailleuse précaire en France, à Lille. Elle a été successivement télévendeuse, serveuse de hot dog en grande surface, femme de ménage dans un hôtel. Elle raconte son expérience mais aussi et surtout elle ouvre le micro à toutes ces femmes et jeunes filles, quelques hommes, ses collègues. Parce que pour eux c’est la vraie vie, ils y sont totalement immergés, physiquement, psychologiquement aussi. J’ai aimé le soin qu’elle a pris de leurs témoignages sans les utiliser abruptement, le contact avec eux, après. Des références chiffrées alternent avec les récits de vie.

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Quelques extraits :

«"Le travail à temps partiel est un facteur essentiel d’accroissement de la participation au marché du travail, surtout pour les femmes", Rapport Kok, Conseil européen, 2003»

«En 2005 ... 8 travailleurs à temps partiel sur 10 sont des femmes»

télévente : «À côté de moi, Najet, elle, a pris le pli. Elle est devenue une championne. Elle s'investit à fond, se penche sur le clavier, parle avec les mains, rigole avec les prospects. Elle vient de vendre 2 forfaits en 1 heure. Quand un télévendeur fait une vente, il doit s'applaudir, ce qui donne le signal au plateau qui tout entier, se met à battre des mains. Alors même que pour la plupart nous sommes en pleine conversation téléphonique. On ne s'entend plus. Alain, lui, adore...»

hôtellerie : «Ergonomie ? Feuille de route ? Organisation du travail ? Gestion de l’espace ? Ici, rien n’a été pensé pour le salarié. Celui-ci est toujours de trop. Les clients ne valent guère mieux. Là n’est pas la préoccupation. De toutes façons l’hôtel compte peu d’habitués. Le risque de les décevoir s’en trouve réduit. Les collègues ont une explication : l’hôtel appartient maintenant à des investisseurs. Leur but est de réaliser des économies à tous les niveaux. Ce qui importe c’est de remplir les chambres pas de fidéliser la clientèle. En attendant la revente et la plus-value, on bricole.»

«Et pourtant, je me suis levée tôt... : Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires» de Elsa Fayner - éd. du Panama - 172 pages - 15 euros.

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26 mai 2008

“FILLES DE MAI - 68 mon mai à moi” Mémoires de femmes

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À l’occasion des 40 ans de Mai 68, j’ai repris ce livre qui m’avait enthousiasmée à sa sortie en 2004. Parce que dans l’actu je n’ai pas tellement vu de témoignages de femmes et que ça me manque, donc j’ai repris ce livre absolument génial : comme si on avait réuni ces femmes autour de nous pour nous parler de leurs souvenirs de mai 68 ...

Ce livre est un abécédaire, de la lettre «A» comme Adolescence à la lettre «V» comme Vérité ...

Il regroupe, sous cette forme originale, les témoignages de 22 femmes qui avaient entre 15 ans et 54 ans en mai 1968.

Extrait de la préface (de Michelle Perrot, historienne) : «Qu’il s’agisse de la famille ou du lycée ... ce qui ressort c’est la force des carcans et des interdits. Interdits vestimentaires (le port du pantalon n’est pas permis), sportifs (archaïsme de la «gym» des établissements de filles), professionnels et surtout sexuels... (...)

Les femmes se souviennent surtout d’un mal-être, éprouvé dans leur corps, leur couple, leurs amours, leur travail, leur tête. Un sentiment d’étouffement, de blocage, de désir d’ailleurs et d’autre chose. «Ma vie c’est de la merde, alors je suis pour le changement», «forcément» dit Luce. Changeons l’histoire, ça me changera moi...»

Extrait de témoignages :

Lettre A comme APRÈS : «Ce printemps 68, je crois que j’ai commencé à oser vivre. Et depuis, je ne me suis plus jamais arrêtée. Cela ne veut pas dire que je suis aujourd’hui quelqu’un de serein, de «zen» comme on dit, pas du tout, ce n’est pas mon style. Être heureuse ne m’empêche pas d’avoir des soucis, des moments difficiles, des angoisses, encore moins de me sentir concernée par tout ce qui se passe dans le monde. Surtout je m’autorise à être ce que je suis, forte de mon appétit de vivre et fragile en même temps ; je peux dire non à ce qui ne me convient pas, vivre avec mes contradictions, me sentir libre dans ma vie de couple. En somme, je me sens bien une fille de Mai 68.» (Chantal)

A comme AVANT : «Avant c’était l’autorité. L’AUTORITÉ ! Elle seule, parfois. (Julietta)

E comme ENFANT : «En 68 j’avais 54 ans et mon fils 20. La différence avec les générations précédentes c’est que si je n’étais pas toujours d’accord avec lui je l’écoutais. J’acceptais comme mère d’être secouée sur mes bases. Mon garage était devenu un lieu de fabrication de banderoles. Les garçons qui venaient étaient adorables avec moi, polis, respectueux. Je pense que j’étais pour eux un havre de paix. Je voyais le très beau côté de ce qu’ils faisaient, ils allaient plus loin que moi. (Simone)

P comme PAROLE : «Prendre la parole en public dans les réunions c’était très difficile. J’ai remarqué que les femmes la prenaient beaucoup moins que les hommes. C’était à la fois révoltant et infériorisant. Bien plus tard j’ai réussi à la prendre : une petite victoire.» (Christine)

P comme PSY : «Hiver 67-68. Je viens de me séparer de mon mari et de trouver un poste dans une clinique psychiatrique de la banlieue de Marseille. Début de la «psychiatrie institutionnelle». Plus de blouse blanche, ni l’habituelle hiérarchie mais des groupes de parole... Entre soignants (médecins et infirmières) qui s’interrogent sur leur pratique ; entre soignants et soignés ... Patients auxquels on donne la parole et qu’on écoute. La parole peut guérir... Pour moi, venue des soins généraux, c’est une découverte ! (Marie)

S comme SEXUALITÉ : On parlait à voix basse de sexualité et seulement entre filles. L’une d’elles était au Planning familial mais je n’osais pas l’interroger sur les méthodes contraceptives. Il me faudra attendre d’être à Londres pour avoir un premier diaphragme et de la crême spermicide qui viendra se substituer à l’usage exclusif des préservatifs. Je reste vierge jusqu’à mes 21 ans sonnés car ma mère ne veut pas «être responsable» d’un enfant. (Luce).

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Je ne sais pas où vous étiez en 68, peut être pas encore né-e ? ;o)

Mon mot pour 68 aurait été LECTURE. Je vivais dans un milieu hostile à toutes ces idées. Nous n’avions pas de télé, nous sommes partis pendant les «évènements». Ma mère était femme au foyer, pleine d'amour pour ses enfants mais encore plus pleine de soumission au patriarcat même brutal. Mai 68, je termine l'école maternelle, déchiffre bien les mots. Souvent ma mère est comme vide et prostrée, je cherche à l'animer, j’ai l’impression que la solution est dans un livre mais je n'arrive pas à comprendre assez pour lire vraiment ... L’année d’après je suis ivre de joie de pouvoir lire enfin, même les affiches publicitaires qui font ma joie ...

“Filles de mai, 68 mon MAI à moi”, mémoires des femmes, éditions Le Bord de l’Eau (2004), 155 pages, 15 euros. Des extraits aussi sur le site de l'éditeur

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22 mai 2008

“Même pas mâle ! la révolution clandestine” d'Isabelle Alonso

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J’ai simplement passé un excellent moment à le lire ... Je ne peux pas dire que j’y cherchais des infos ou des raisons d’être féministe, non je suis en coma dépassé à ce niveau-là ;o)

Elle passe l'actu de ces dernières années en revue, tout ce qu'une féministe peut relever, à la Isabelle Alonso, donc avec la pêche et le piment ;o)

Ce que j'ai préféré c'est le passage sur le "Je ne suis pas féministe" de la chanteuse Koxie, les mots amers de Doris Lessing sur les féministes ... ;o) Bref, cette “patte blanche” que les femmes doivent montrer immédiatement dès que leur oeuvre fait peser sur elles un éventuel soupçon de féminisme ...

Mon seul bémol : Isabelle Alonso a tant de joie de vivre, d'exubérance jouissive sur le masculin, perso et en tant que militante, c'est trop pour moi, je me sens décalée sur ces passages-là.

Sinon c'est une lecture avec le sourire grâce à ses expressions truculentes, on en sort plus énergique ... à lire surtout si vous n'êtes pas (encore) féministe ;o)

“Même pas mâle ! la révolution clandestine” d'Isabelle Alonso, éd. Robert Laffont (2008), 225 pages, 18 euros.

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10 mai 2008

petit délire du week end (merci le catalogue Carrouf’)

 

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c'est le Printemps et on va vous en faire bouffer !

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non polluant, fait pas de bruit, consomme rien, n'avance pas ... autant s'y habituer toute petite ...

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en fait c'est juste une machine à faire des bulles géantes (ça c'est vraiment LE jeu qui manquait et qu'il fallait inventer d'urgence ...)

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parce que votre porte monnaie a un coeur, une âme, une conscience et des petites pattes qui vous conduisent chez Carrouf :

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vous préférez quoi ? des roses solidaires ou des roses égoïstes ? Le mec c'est selon les stocks disponibles et la photo n'est pas contractuelle ... vous êtes prévenues ;o)

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07 mai 2008

table de chevet nouvelle version :

070508_1On peut plus ouvrir un journal sans voir les tronches épanouies des Fourniret et autres cavistes autrichiens ... sommet de l'iceberg de toutes les saloperies vécues par les filles et les femmes.   

Alors ce sexe complètement abandonné à la barbarie machiste, ce sexe qu'on domine, assujetti, viole et torture en toute impunité ... l'imaginer quelque part effrayant, inquiétant, dangereux, c'est réconfortant, rassurant.

La sortie du film TEETH me fait plaisir, à moi. Imaginer que mon sexe puisse faire peur, être dangereux, c'est jubilatoire. Bien sûr, c'est de l'humour, on dira ...

Mon gratuit préféré, fait une critique élogieuse :

"L’héroïne, aussi adorable que redoutable, décime les messieurs en s’attaquant à leur point sensible en un festival d’effets spéciaux et d’humour macabre. « Le plus difficile était de trouver le dosage parfait entre scandale et dégoût, explique le cinéaste. J’avais envie de faire réfléchir les gens, pas de les faire vomir ! » Les ligues d’abstinence, très en vogue outre-Atlantique, en prennent pour leur matricule quand on voit les frustrations qu’elles engendrent chez des jeunes rendus fous par l’envie de pratiquer le péché de chair.

Cette comédie gore a secoué de rire le festival de Deauville, tout en scandalisant les spectateurs avec des images plutôt crues. ...”

070508_1>>> bande annonce VF ici

>>> le site officiel du film (en anglais) allez voir la superbe page d'accueil ! ici

>>> le site américain Feministing en dit du bien alors ;o) Pour le dentifrice évitez le menthol quand même ;o)

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15 avril 2008

parasitisme le retour ...

150408_2“Le ‘soi’ est la conviction, au-delà de toute raison ou examen, qu’il existe un lien logique entre la chose désirée et le fait d’être. Pour paraphraser en mieux Descartes, cette conviction pourrait s’énoncer : “Je veux et j’ai le droit d’avoir, donc je suis.

Le 1er axiome idéologique de la suprématie masculine est que les hommes possèdent ce ‘soi’ et que les femmes, par définition en sont nécessairement privées. (...) Il a le droit de prendre ce qu’il veut pour se nourrir ou s’améliorer, le droit de tout posséder, de satisfaire tout besoin à tout prix.” Andrea Dworkin “pouvoir et violence sexiste”, éd. Sisyphe (p. 46)

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Andrea Dworkin “pouvoir et violence machiste” : le parasitisme

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“Le ‘soi’ immuable du mâle se résume à un parasitisme exercé sans le moindre embarras. (...) Le soi du parasite prend de l’ampleur au fur et à mesure qu’il draîne chez chaque femme le soi auquel elle n’a pas droit (...) Son soi à lui n’est jamais assez gros. Son soi à elle l’est toujours trop, si petit soit-il... Il utilise les femmes pour se grandir.” Andrea Dworkin “pouvoir et violence sexiste”, éd. Sisyphe (p. 48)

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11 avril 2008

Dworkin “Pouvoir et violence sexiste” - la joie

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Andrea Dworkin “pouvoir et violence sexiste”

110408_HDDAndrea Dworkin “pouvoir et violence sexiste” éd. Sisyphe je l'ai trouvé à Paris (chez Violette and Co), 123 pages, petit format poche.

Ce livre est avec moi depuis plusieurs semaines, annoté, ancré, ouvert, totale adéquation ... Je ne peux me décider à en parler. Je risque de paraître “radicale” et de devoir expliquer, pas envie ...

Tant pis je prends le risque de mettre des extraits et de vous conseiller ce livre sobre et sincère. Dworkin décrypte le machisme et ses rouages comme une évidence, elle les expose sous nos yeux en ôtant le voile du conditionnement ...  Lire une présentation sur Sisyphe ici

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