Le féminin l’emporte

dimanche 23 janvier 2011

Ce n'est qu'un au revoir mes soeurs... et frères féministes ;o)

24janv2011J’ai fini par décider de quitter Canalblog car la publicité sexiste (puisqu’elle s’adapte malheureusement à mes titres et textes sur les femmes) est trop présente.

Je remercie néanmoins Canalblog et ses technicien-nes pour ces 4 années d’hébergement de mon blog féministe. Ses fonctions particulièrement accessibles m’ont vraiment facilité la vie. Ce blog reste ouvert en archives ainsi que vos commentaires pour consultation, sauf périodes de congés où je ferme tout.

Si vous souhaitez reprendre un visuel ou un dessin de ce blog, merci d’en citer simplement la source.

Merci de votre fidélité et à bientôt sur un "nouveau" féminin l’emporte qui se trouve ICI maintenant...

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vendredi 21 janvier 2011

“Réouverture du CIVG de l’Hôpital Tenon (Paris 20e), une bonne nouvelle qui doit s’étendre partout en France”

21012011_1Communiqué de Presse du Planning Familial du 17 janvier 2011 

Le Planning Familial se réjouit de la décision de réouverture du CIVG de l’hôpital Tenon, preuve que la mobilisation collective et la pugnacité pour la défense du bien commun et des droits l’emportent face aux mesures strictement budgétaires.

Pour autant, la défense de l’accès à l’avortement partout en France dans de bonnes conditions pour toutes les femmes reste d’actualité. En effet pour un centre ouvert, combien ferment ou fermeront encore ? (suite sur le site du Planning Familial ICI)

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mercredi 19 janvier 2011

Copinage féministe du mercredi...

Sans_titre___1>> Le mercredi ... c’est «Femmes Libres» sur Radio Libertaire, de 18h30 à 20h30. Cette semaine avec Sarah de l’association Voix d’Elles Rebelles, association féministe et mixte, créée en 1995 à Saint-Denis (93). Elle est née à l’initiative de femmes et de jeunes filles françaises, immigrées et issues de l’immigration. Défense du droit des femmes et des jeunes filles de toutes origines, notamment celles issues de l’immigration. Accueil, écoute, soutien psychologique et assistance juridique. Solidarité internationale.)

• L’émission «Femmes Libres» du mercredi est téléchargeable toute la semaine ICI
• Le site internet de Radio Libertaire est ICI

>> L’exposition 150 ans d’histoire des femmes en 200 photos de la collection de la bibliothèque Marguerite Durand jusqu’au 13 mars à la Galerie des bibliothèques, 22 rue Malher, métro Saint-Paul - Du mardi au dimanche, de 13h à 19h. Nocturne les jeudis jusqu’à 21h - Infos détaillées et images ICI ...
"Indispensable et passionnant : notre histoire comme nous ne la connaissons pas."

>> Le spectacle, « Je suis Top », de et avec Blandine Métayer, au Théâtre de Dix-Heures 36 boulevard de Clichy 75018 métro Pigalle. Les lundis et mardis à 19h. Site internet du spectacle ICI...
"Drôle, intelligent et féministe. Une fine observation de la vie en entreprise et des rapports de pouvoir."

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samedi 15 janvier 2011

FRANCE 2 : "Fric, krach et gueule de bois", le roman (au masculin) de la crise.

15janv001Une note de texte, ce n'est pas si souvent...   

"Fric, krach et gueule de bois, le roman de la crise" est une émission diffusée le 11 janvier 2011 sur France 2, on lit sur le site :

"L’économie n’appartient pas aux seuls spécialistes : elle touche chacun d’entre nous quelle que soit notre place dans la société. Et pourtant, elle nous paraît souvent difficile à comprendre.  Mais comment en est-on arrivé là ? Pourquoi, en quelques mois, le capitalisme a-t-il failli ? Comment quelques banquiers ont-ils mis le monde sens dessus dessous ? Pourrons-nous échapper à la prochaine crise ? Sommes-nous dans une impasse?"

L'émission est produite par deux femmes ! (Cinétévé – Fabienne Servan Schreiber et Lucie Pastor). 

Voici la transcription de la présentation par Pierre Arditi (acteur français né en 1944). Visible pendant encore quelques jours sur le site France 2 ICI

"Le monde a changé vous ne trouvez pas ? Moi j'ai passé mon enfance au 35 rue des Martyrs [Paris] à quelques mètres d'ici. Mon père était artiste peintre et dans cet immeuble du 35 rue des Martyrs y'avait le monde entier. Y'avait un expert comptable, il s'appelait Louis "Piat" il avait épousé une Yougoslave, oui à l'époque c'était la Yougoslavie, et puis il y avait aussi les "Fritz" des petits bourgeois très sympathiques, lui il était chef de rayon dans les grands magasins et puis il y avait aussi des anciennes prostituées, elles étaient deux, on les chambrait un peu nous les enfants de l'immeuble mais elles nous aimaient bien, on les aimait beaucoup aussi, tout ce monde là vivait en bonne intelligence, ça se mélangeait y'avait une sorte de fraternité comme ça, même si y'avait des inégalités de salaire et y'en avait forcément...

Et maintenant quand je regarde autour de moi, je me demande comment nous avons pu troquer ce monde paisible de mon enfance pour celui dans lequel nous vivons, ce monde où les emplois s'évanouissent, où les gens sont jetés d'un claquement de doigts sur le bord de la route, où la vie semble plus dure à tout le monde, sauf sans doute à quelques uns qui gagnent en un mois ce que d'autres ne gagneront pas en une vie. Alors j'ai voulu comprendre, comme vous, je me suis dit après tout peut être je suis trop nostalgique, ce monde n'était pas si extraordinaire que ça, et j'ai fini par comprendre une chose : il a fallu beaucoup de cupidité et de naïveté pour en arriver là.  Des personnages avides, candides ou impatients ont combiné leurs efforts pour nous entraîner dans une crise qui est la plus grave depuis la seconde guerre mondiale. Alors à mon tour je vais vous raconter ce drame en 5 actes dans lequel nous avons été plongés, ce drame avec ses héros, ses traîtres, ses menteurs... et ses clowns."


Un peu plus tard dans la rubrique titrée : "Le paradis perdu", Pierre Arditi s'adresse à Daniel Cohen...

"Daniel Cohen, vous êtes un économiste réputé, alors expliquez-moi comment avons nous laissé filer ce qui m'apparaît à moi comme un paradis. Qu'est ce qui s'est produit pour que le monde de mon enfance disparaisse, comme ça, se volatilise."

•  •  •

Qu'un acteur garde un souvenir enchanté de son enfance, soit. Mais lorsqu'il présente une émission d'éducation populaire à l'économie, en "prime time", devant plus de 3 millions de téléspectateurs, hommes et femmes, alors il a une mission !

Sa présentation est chaleureuse, on sent pointer l'humanisme, mais que dit Pierre Arditi exactement ? Il énonce la profession, le
nom, et le statut social de tous ses voisins hommes, l'un a épousé une Yougoslave...    
Les seules femmes dont l'occupation vaille d'être citée sont deux anciennes prostituées ! Pas une salariée à l'horizon, même pas une mère !

Dans cette introduction à l'économie, la prostitution est la seule référence d'occupation féminine.
Le travail (gratuit) des mères chargées de nombreux enfants en ce temps là, ne méritait pas d'être cité en présentation ? Ni même la simple présence des mères ! N'y avait-il aucune autre occupation féminine que la retraite prostitutionnelle ? Les femmes travaillaient pourtant dans ces années-là.

Un homme très populaire, Pierre Arditi, a le micro, ainsi qu'UN économiste et UN académicien. La France va boire doctement leurs paroles : l'occasion est belle de lorgner avec nostalgie vers l'esclavage des femmes ! C'était le bon temps, "le paradis" pour Pierre Arditi (tiens, le même nom que le bordel à succès de Canal +) !

C'était le paradis pour CES femmes ? Pour LES femmes en général ?

Lorsque Pierre Arditi naît (1944), la moitié féminine de la France n'a jamais eu le droit de voter. Mais elles avaient droit au "devoir conjugal" (aboli en 1990) et à l'obéissance au mari. Les femmes subissaient des grossesses répétées (contraception légale en 1967). Le recours à l'avortement était fréquent au prix d'angoisses, d'argent à trouver, de douleurs atroces et parfois au prix de leur vie (avortement légal en 1975).

Pour revenir strictement à l'économie, quoiqu'élever et nourrir des enfants (ou pas) devrait à mon sens en faire pleinement partie ... les femmes n'avaient alors pas le droit de travailler (toucher un salaire) sans l'autorisation du mari, ni d'ouvrir un compte en banque. Mais elles faisaient GRATUITEMENT toutes les tâches domestiques et éducatives.

Les femmes : la moitié de la population et la moitié de l'audience, ramenées en intro à la seule occupation "sympathique" pour un homme : la prostitution. C'est scandaleux, d'autant qu'il s'agissait d'une émission très bien préparée.

La prostitution est pourtant l'illustration typique de ce que Pierre Arditi critique : la cupidité, l'avidité, la domination sans limite par l'argent :  "La prostitution : c'est l'utilisation du corps d'une femme, pour du sexe, par un homme : il donne de l'argent, il fait ce qu'il veut". (Andrea Dworkin)

Si l'extrême de cette domination n'est pas remis en question ni même stigmatisé, comment imaginer que le pouvoir financier le sera en profondeur ? Ce pouvoir a la même racine : jouir de sa propre toute-puissance sur autrui. Dans un système de domination masculine aussi extrême que celui de notre planète, la remise en question de l'ultra domination financière est impossible.

Cette émission a particulièrement bien illustré le pouvoir de nommer dont parlait Andrea Dworkin : "Les hommes ont le pouvoir de nommer, un pouvoir immense et sublime. Ce pouvoir de nommer permet aux hommes de définir l'ensemble du champ de l'expérience, de délimiter limites et valeurs, d'assigner à chaque chose son domaine et ses attributs, de décider ce qui peut et ne peut pas être exprimé, de contrôler jusqu'à la perception."

(Une bien trop douce critique de cette émission, encensée partout, a été faite dans l'humanité.fr ICI...)

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vendredi 14 janvier 2011

Mexique: assassinat de militantes féministes à Ciudad Juarez

16janv001Je relaie une information concernant l'assassinat d'une militante féministe à Ciudad Juarez et qui a été dénoncé par Amnesty International.  Deux liens pour cette information... Une 2e militante féministe a été tuée !

http://www.amnesty.name/fr/library/asset/AMR41/092/2010/fr/734cc478-9420-4361-8d0b-d69b383b63e1/amr410922010fra.html

http://www.romandie.com/infos/news2/110112213900.rrehgk5n.asp

Voici un appel à la solidarité internationale contre le meurtre de femmes au Mexique :

Il y a un mois, Marisela Escobedo a été tuée face au siège du gouvernement local de Ciudad Juárez, quand elle demandait justice pour sa fille assassinée en 2008 par un homme qui a confessé qu'il l'avait tué mais a été laissé en liberté.  A ce meurtre indigne, suit le  6 janvier le cas de Susana Chávez, poète et activiste en défense des droits humains et des femmes à Ciudad Juárez, état de Chihuahua, Mexique.
Comme d'habitude lorsqu'il s'agit de meurtres de femmes, en particulier à Ciudad Juárez, le gouvernement ignore, nie ou efface la gravité des faits.

Plusieurs organisations féministes mexicaines appellent donc à la solidarité internationale afin de dire clairement aux autorités mexicaines que le fémicide est intolérable. Une manifestation est prévue face aux ambassades et consulats du Mexique pour demander justice pour les femmes assassinées, et pour qu'on mette fin à l'impunité le lundi 17 janvier à 10 h (heure locale de chaque pays).

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jeudi 13 janvier 2011

Publicité sexiste DODO (couettes, surmatelas, oreillers...)

Dodo_PubCette publicité pour les couettes, surmatelas et oreillers DODO figure notamment en dos de couverture du "Journal du Textile" de janvier 2011 (en petit non retouchée, cliquer dessus pour l'agrandir). Elle joue pitoyablement sur les mots et banalise le concept de femme, objet sexuel passe partout, utilisé pour vendre n'importe quelle marchandise. Quelle créativitéééé ! Le lit c'est bien sûr le "plaisir au lit" et évidemment 2 femmes qui n'attendent que LE "client DODO". C'est bien connu en France, pays des droits de l'homme pas sexiste pour 2 sous, la literie est achetée exclusivement par LE mâle hétérosexuel capable de satisfaire 2 jeunes femmes à la fois (+ la sienne éventuellement). SANS RIRE !
 
>> Pour envoyer un mail (de félicitations bien sûr) à Dodo ou prendre leur adresse courrier... la page Contact est ICI...

DODO_13janv2011

• • • • •

Comme pour toute publicité sexiste vous pouvez adresser une plainte à l'ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) 11 rue St Florentin - 75008 PARIS ou par mail contact@arpp-pub.org ... L'ARPP affirme recevoir très peu de plaintes concernant la publicité sexiste, à nous de la démentir...
Il existe aussi un Jury de Déontologie Publicitaire auprès duquel vous pouvez porter plainte (voir ICI).

>> Ajout du 27 mars 2011 : la plainte a été déclarée non fondée par le JDP ! Extrait de la délibération : "Le Jury relève que le libellé de l’annonce « deux fois plus de plaisir au lit » pour promouvoir deux produits différents de literie présentés comme étant particulièrement confortables correspond, sans signification indirecte ou cachée, à l’objet du message. La présence pour présenter ces produits de la photo en tête et buste de deux jeunes femmes vêtues de nuisettes, vêtements adaptés à la circonstance représentée, soit celle de se coucher, ne donne pas à ce message la connotation sexuelle dénoncée par le plaignant." (source : http://www.jdp-pub.org/Dodo.html).

Une belle preuve de la tolérance au sexisme qui existe en France... Notre réponse à l'annonceur : Publicité sexiste ? je n'achète pas !

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mercredi 12 janvier 2011

Copinage féministe du mercredi ...

>> Le mercredi ... c’est «Femmes Libres» sur Radio Libertaire, de 18h30 à 20h30. Cette semaine sur le thème "luttes féministes contre l'intégrisme et les pouvoirs politico religieux et la laicité", et la soirée qui a eu lieu sur le sujet en novembre 2010 (d'ailleurs vous pouvez aussi voir 4 vidéos de cette soirée ici)

Comme je passe cette info trop tard pour le direct
(je suis en train de l'écouter en téléchargement c'est PASSIONNANT ;o) :


• L’émission «Femmes Libres» du mercredi est téléchargeable toute la semaine ICI
• Le site internet de Radio Libertaire est ICI


womenHeroes>> un film à voir : Women are heroes, site du film ICI

>> un journal formidable, vraiment beau et féministe : CLARA Magazine, journal de Femmes Solidaires, sur abonnement, paraît tous les deux mois ! site du journal ICI


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lundi 10 janvier 2011

«Une histoire politique du pantalon» de Christine Bard

1C'est une histoire qui m'intéressait beaucoup, aussi j'étais venue voir et entendre Christine Bard il y a plusieurs mois, présenter son livre à la librairie Violette and Co à Paris (site ICI).

Du livre, je m'attendais à une histoire plus linéaire, où les «pour» et les «contre» le pantalon seraient lisibles : féministes contre anti-féministes. Quelle surprise de découvrir la complexité totale autour d’un peu de tissu, parce qu'il est symbole de pouvoir !

Les subtilités infinies, côté pratique du pantalon à la campagne, radicalité de le porter en ville avec le jugement des autres parce que «ça ne se fait pas», que la règlementation l'interdit, les passions soulevées dans le monde politique, médical, religieux ...

Tant d'influences : pays étrangers, sport, vélo, haute couture, guerres, préférences sexuelles, codes de genre, travail féminin... 

Et tout ceci croise avec la vie de personnalités exceptionnelles comme George Sand, Rosa Bonheur, Colette, Madeleine Pelletier, Violette Morris ou Alice Milliat... et tant d'autres courageuses anonymes, sportives, intellectuelles, exploratrices, femmes politiques jusqu'à nos jours ...

Pour ma part j'ai envie de parler, en fait ce sont des souvenirs qui m'avaient orientée vers ce livre !

Le pantalon c’est ma mère (pourtant aux antipodes du féminisme) qui m’en a parlé à l’adolescence, en me racontant une anecdote de sa vie. Elle est née avant la 2e guerre mondiale dans un petit village agricole. Jeune fille, elle a aperçu des femmes, dans les champs qui portaient des «bleus» : les pantalons de leurs maris. Elle avait envie d’un pantalon mais pas le bleu de ses frangins, et avait acheté en ville... un pantalon féminin. Elle avait la vingtaine, mais son père, patriarche ultra, a refusé qu’elle le porte. Une femme en pantalon c’était inconvenant et donc inconcevable. Vêtue de jupes elle a refusé de monter aux échelles ou sur le tracteur en démontrant que la pudeur n'y était pas... Ce qui lui a valu d’être finalement autorisée pour les travaux de la ferme, au port du pantalon ... puis de le mettre un peu avant, un peu après, etc.

Janvier 2011 : l'ordonnance de la Préfecture de police de Paris du 7 novembre 1800 interdisant aux femmes de s'habiller en homme n'est toujours pas abolie...

10janv2011

«Une histoire polititique du pantalon» de Christine Bard, éd. Seuil (2010), 384 pages, 22 euros. Présentation de ce livre formidable sur le site de l’éditeur ICI.

EXTRAIT de l'INTRODUCTION  DU LIVRE :

Le droit des femmes au pantalon (p. 16 à 19)

«La Révolution modifie ce système vestimentaire qui est également un système symbolique. Liberté, égalité, simplicité, naturel, vertu, fraternité sont quelques-unes des valeurs de la nouvelle société. Mais l’abolition des privilèges ne met pas fin à la domination masculine même si les rapports entre les sexes évoluent. L’interdiction du travestissement est reprise par la loi du 29 octobre 1793, qui proclame la liberté du costume, mais dans le respect de la différence des sexes.

Les femmes paraissent pour un temps décorsetées, mais la fin de l’épisode révolutionnaire consacre une extrême différenciation. Au 19e siècle, dans les milieux privilégiés, les hommes adoptent un costume simple et austère et semblent renoncer à l’érotisation de leurs apparences. Dans ce passage d’un régime vestimentaire aristocratique à un autre, bourgeois, le pantalon acquiert de nouvelles significations.

En 1899, la féministe Hubertine Auclert donne une interprétation politique à cette transformation majeure impulsée par la Révolution :

«Les hommes libres ont uniformisé leur costume simple; celles qui rêvent de devenir leurs égales ne peuvent prétendre conserver les artifices d’esclaves, le luxe anti-égalitaire qui ne s’acquiert qu’au détriment de la liberté.»

Ce point de vue n’est pas partagé par son aînée en féminisme, Maria Deraismes, qui est au contraire rebutée par «l’odieuse et triste uniformité des hommes» et charmée par «nos jolies étoffes claires, brillantes, vivaces».

Hubertine Auclert impulse le combat pour le droit de vote sans négliger, fait moins connu, la réforme du costume. Elle sait que «beaucoup de femmes ont adopté l’habillement masculin», telle la peintre Rosa Bonheur, qui trouvait «ce costume tout à fait naturel, la nature ayant donné deux jambes à tous les humains», sans différence de sexe».

Dans le Deuxième Sexe (1949), Simone de Beauvoir saisit bien l’enjeu politique du pantalon :

«Rien n’est moins naturel que de s’habiller en femme; sans doute le vêtement masculin est-il artifice lui aussi, mais il est plus commode et plus simple, il est fait pour favoriser l’action au lieu de l’entraver ; George Sand, Isabelle Eberhardt portaient des costumes d’hommes [...]. Toute femme active aime les talons plats, les étoffes robustes.»

Parmi toutes les raisons qui poussent des féministes - et non pas les féministes en général - à «revendiquer» le pantalon, il en est une, fondamentale, qu’il est important de citer d’emblée : le pantalon est un vêtement fermé. Ne nous laissons pas abuser par le «pantalon féminin» du 19e siècle, qui désigne en réalité une culotte de dessous, généralement fendue, c’est à dire ouverte. Le passage à la culotte fermée précède de peu le triomphe du pantalon féminin et même l’annonce, d’une certaine manière.

Les hommes portent donc un vêtement fermé et les femmes un vêtement ouvert. Contrairement à ce que suggère l’envolée froufroutante de Marilyn Monroe sur une bouche de métro, la jupe soulevée est le cauchemar des femmes ordinaires... Le vent, de même que les accidents, les chutes et de nombreuses activités et postures, sportives ou non, outragent la pudeur. Le rapport entre les sexes est aussi engagé par cette dissymétrie vestimentaire, dès les jeux enfantins (la peur des jupes soulevées) et pour la vie. L’ouverture du vêtement féminin évoque la facilité de l’accès au sexe féminin, sa disponibilité, sa pénétrabilité.

Le pantalon n’est pas simplement «pratique», notion éminemment fluctuante et dépendante de multiples variables d’appréciation. Il symbolise le masculin ainsi que les pouvoirs et les libertés dont jouissent les hommes. Au 20e siècle, devenu «moderne», il se banalise sans faire disparaître la jupe.»

- fin de citation -

Si vous avez envie de parler du pantalon et vous, de votre anecdote ... n'hésitez pas à le partager dans vos commentaires ;o)

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samedi 8 janvier 2011

le délit de poussette... ou le bobonne 'go home' de la RATP

8janv2011
et un article sur cette campagne de communication pas stigmatisante du tout
de la RATP à lire sur le site les Nouvelles News ICI

En tant que femme, on se tape déjà les affiches sexistes dans les transports en commun. Quand on est jeune des mecs vous collent, on a toutes les stratégies pour éviter ça et les mains balladeuses. MAIS ÇA VOUS NE LE VERREZ JAMAIS DÉNONCÉ NULLE PART. Quand on est enceinte, même jusqu'au yeux, les braves gens ne "voient rien", c'est souvent le restage debout même dans le bus avec les cahots. Puis l'enfant paraît, on fait tout pour éviter la poussette surtout dans le métro si malpratique avec ses double portillons impossibles, ses escaliers. Les femmes paient tickets et impôts comme tout le monde, la grosse galère en plus, nous sommes vraiment les BONNES POIRES.

Alors cette campagne d'affiche pour le bus est proprement révoltante. Il faudrait adapter la taille, le système et surtout la FRÉQUENCE des bus... avant de stigmatiser celles qui poussent... les poussettes avec cette affiche dont la couleur rose a sûrement été choisie par hasard, et tout ça payé encore une fois avec l'argent public ! Mais de qui on se fout ?

(précision suite au commentaire de Mata : eh non je n'ai rien retouché de cette affiche ^^ elle fait partie de la campagne "partageons plus, partageons le bus" visible ICI)   

ajout du 11 janvier : un super blog qui parle de la RATP ICI et publie la lettre de Jean-Vincent Placé, Vice-Président de la Région Ile-de-France (Europe Ecologie-Les Verts - EELV) Délégué aux transports et mobilités, au Président de la RATP.

vendredi 7 janvier 2011

6janv002

(voir la note précédente pour les détails)

Canthilde a aussi fait un sort à cette affiche sur son blog ICI...

et Alice parle de l'affiche sur son blog ICI...

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